Je partage avec vous le point de vue de Satprem qui date de 2003 sur les systèmes, les lois, la Terre, les civilisations, l’homme… et qui est encore d’actualité.

Satprem est d’origine française. Résistant durant sa jeunesse, il passa 1 ans et 1/2 en camp de concentration puis devient chercheur de la Conscience en Inde auprès de Sri Aurobindo et Mirra Alfassa dans la cité d’Auroville à Pondichéry en Inde.

A nous d’incarner “un autre être sur Terre” par un travail de la Conscience.
De tout Coeur,

Maud

La loi de la Terre

Un « système », cela veut dire une « loi », quelle qu’elle soit – économique, financière, politique, religieuse, ou diable que sais-je ! Ce serait plutôt le diable parce que cette « loi » veut, ou voudrait embrasser, ou ligoter toute la terre dans son Système particulier.

Mais la « terre », qu’est-ce que c’est ?

Ça pousse, par définition, des fleurs, des arbres, des cailloux, des créatures qui vivent pendant un temps et meurent, des hommes aussi et des « civilisations » qui vivent et meurent, et on recommence.

Ça pousse-ça pousse, c’est la loi de ce sol terrestre. Et où en est-on au point, pas très au point, de ces siècles de terre et de millions d’hommes poussants ? Chaque homme est une loi en soi, ou une note particulière dans un immense orchestre pas très accordé, alors on veut l’accorder – par quel moyen ? de force ou par quelle « loi » encore ?

Mais la Terre pousse par ses propres moyens et en dépit de tout – elle casse même le roc si elle ne peut pas trouver son Soleil pour pousser encore et toucher sa note, sa beauté, sa fleur de tous les âges pré-humains ou posthumains, son jour enfin sous toutes les nuits d’avant ou d’après, et plus c’est nocturne ou rocailleux, plus elle pousse comme si les contraires l’exaspéraient ou l’aidaient à pousser mieux et plus fort.

Mais ce « point » d’aujourd’hui de l’an 2003 où est-il ? – et quelle est cette date farfelue après tant de « commencements » qui semblent n’avoir jamais commencé ? et tant d’« hommes » ? Or, curieusement, en reprenant ma conscience de l’an 2003, je me suis souvenu de Thèbes et de Louxor où j’étais allé quelques décades plus tôt (ou étaient-ce des siècles) et je me suis dit : « Avant, la Haute-Égypte finissait ou s’éteignait sous les sables roses du désert, maintenant nous finissons sur une croûte d’asphalte gris. »

Et c’est comme si, en grattant sous cette croûte, je faisais de l’archéologie à l’envers : j’étais dessus et il n’y avait plus ces merveilleux temples dans le soir rose, et je voulais savoir ce qu’il y avait sous cette croûte d’asphalte. Eh bien, dessus, par-dessus, il y avait des Systèmes et des Systèmes et encore des lois, financières, politiques, militaires, marxistes… ou diable je ne sais quoi qui voulaient dominer toute la terre, et c’est à qui voulait tuer l’autre pour régner en seul Maître du monde. Nous finissons sous le règne de la Mort.

Mais la terre pousse et pousse là-dessous, comme si ce roc de l’Ère tertiaire l’exaspérait et lui donnait plus de détermination de casser ce qui étrangle et aveugle son grand jour et son beau Soleil et ses grands arbres qui poussent avec ses chants d’oiseau et ses torrents qui frisent là-haut d’un Sourire inconnu. C’est cette Force poussante de la Terre qui veut sa soif, son but de tous les Âges, son matin rose.

Et je me demande si, maintenant et paradoxalement, cette croûte terrestre ne sera pas plus facile à casser d’un seul coup parce que c’est une seule et même croûte cruelle partout sur tous les continents, de l’Est ou de l’Ouest, et c’est la Loi de la Terre une autre Source et une Terre nouvelle du quaternaire sous nos décombres d’anthropoïdes attardés qui n’ont pas fini de pousser. Une manière d’être nouvelle. « Un autre être sur la terre », disait Sri Aurobindo. 
La dernière Aventure.

SatPrem
Aurobindo ou l’aventure de la Conscience

La Terre pousse
Étiqueté avec :